Agenda 2018 : une année d’expression sociale et de mouvements revendicatifs

 

Source : Pixabay

Lorsque nous introduisions en 2017 notre agenda de l’année en employant les termes de « bref aperçu du monde de demain », d’« année de transition », malin celui qui aurait pu envisager tant de bouleversements en si peu de temps. Si la tenue d’un calendrier annuel offre les clés de compréhension des évènements futurs, pré-organisés et circonscrits aux objectifs qui leur sont assignés, avec eux, de considérer la montée des revendications sociales liées et des possibles changements qu’ils pourraient entraîner, certains moments clés de l’histoire nous échappent totalement ; tant par leur intensité que par la pérennité de leur idéologie dans le temps.

Qu’en est-il alors des revendications indépendantistes qui ont atteint leur paroxysme en 2017 et ont trouvé écho dans plusieurs régions du Monde, sans lien apparent ? Catalogne, Kurdistan, Lombardie et Vénétie ; avant eux, l’Écosse ; après eux, quelle autre province, possiblement futur État viendra à se déclarer sécessionniste ?

Assistons-nous à une modification profonde de ce qui définit l’État-nation ? La tendance est-elle au repli sur des identités partagées et définies dans un territoire limité ? Il est intéressant de noter qu’en Europe, les territoires qui ont proposé à leur population des référendums consultatifs en vue d’une future indépendance, souhaitent tout autant quitter l’État administratif dans lequel il évolue, que de reconnaître l’Union européenne comme leur référent supranational. Dès lors, peut-on imaginer que les mouvements indépendantistes européens sont une voie détournée qui peu à peu nous conduit vers une Europe fédérale ?

Enfin, que nous réserve 2018 ? Cette année sera compétitive, c’est certain, et toujours dans des lieux névralgiques du pouvoir et du développement (Amérique du Sud, Moyen-Orient, et Asie).

Ainsi, l’Amérique du Sud verra son visage évoluer dans l’ensemble des États les élections présidentielles et législatives organisées au Brésil, en Colombie, à Cuba, au Costa Rica, au Paraguay, au Mexique… À chaque fois les enjeux particuliers seront à suivre de près. Qu’adviendra-t-il du mouvement des FARC, devenu parti politique ? De la candidature de l’ancien président Lula pour éviter les poursuites judiciaires ? De l’avenir de Cuba après le décès de son leader, Fidel Castro, et le retrait de la vie politique de son frère, Raul ?

Au Moyen-Orient, la perte d’influence de Daesh ne signifie pas la fin du fondamentalisme religieux. L’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan auront des élections cruciales à organiser. L’Iran est actuellement en proie à un mouvement contestataire contre le pouvoir en place, parti de la ville de Mashhad et entendu dans toutes les villes fortes du « pays des Mollahs ». L’Arabie saoudite continue de mener une coalition meurtrière au Yémen où la famine est en train de décimer la population yéménite. Emmenée par son prince héritier Ben Salman, elle est aujourd’hui en pleine mutation. C’est elle d’ailleurs qui affrontera la Russie en ouverture de la 21e Coupe du Monde de Football. Y faut-il y voir un signe ? Un affrontement sportif peut-il encore suffit à résoudre les querelles entre Cités ? Kim Jong-Un est peut-être de cet avis. Lui qui veut faire de la Corée du Nord l’État nucléarisé le plus craint, semble espérer que la 23e édition des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud, sera l’occasion de rendre hommage aux deux peuples de Corée.

Mais ne cédons pas aux Cassandre. 2018 sera belle ; les évènements sportifs permettent aux peuples de se retrouver et de s’unir ; les commémorations, de se souvenir et de communier ensemble. Ces échanges sont des étapes données dans la vie des sociétés. Ils leur offrent la possibilité de s’exprimer socialement et de s’organiser pour proposer une voie nouvelle vers laquelle les individus se retrouvent et souhaitent s’engager pour les décennies à venir.

—– JANVIER —–

4 – Commémorations des 70 ans de l’indépendance de la République de l’Union du Myanmar.

5 – Commémorations des 50 ans du Printemps de Prague.

12 et 13 – Élection présidentielle en République tchèque : L’élection présidentielle de République tchèque intervient deux mois après la victoire aux législatives d’Andrej Babiš, le milliardaire tchèque qui a fait fortune dans l’agroalimentaire, leader du parti politique tchèque de centre droit, d’orientation libérale-conservatrice, ANO2011. Un renversement politique venu confirmer la perte d’influence du parti sociodémocrate, ČSSD, dont le chef de file Bohuslav Sobotka est actuellement à la tête du gouvernement, et de la droite traditionnelle (ODS), qui a sombré dans des affaires de corruption en 2013. Le débat politique de la campagne présidentielle suit celui de la campagne législative : crises migratoires et internationales, avenir de l’Union européenne, sont les sujets précomptés par les candidats.

28 – Élection présidentielle en Finlande (1er tour) : Alors que la Finlande vient de fêter le centenaire de son indépendance le 6 décembre dernier, elle s’apprête à élire son nouveau président au cours d’un scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de six ans renouvelable une fois. L’actuel Président, l’avocat Sauli Niinistö, est le grand favori de cette élection. Élu sous l’étiquette Libéral-conservateur en 2012, il se présente en tant qu »indépendant » pour cette nouvelle élection. Certains lui prédisent d’être élu à la majorité dès le Premier tour.

– Élection présidentielle chypriote

—– FÉVRIER —–

4 – Élection présidentielle au Costa Rica : L’élection présidentielle costaricienne se tient au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, en prenant en compte que la majorité n’est pas 50 %, mais bien 40 %. Ainsi, si un des candidats obtient 40 % de suffrages favorables au premier tour, il sera élu Président de la République du Costa Rica. Après de longs mois de domination, Antonio Álvarez Desanti, représentant du Parti libération nationale (PLN), c’est son adversaire Juan Castro Fernández du Parti de l’intégration nationale (PIN) qui fait maintenant la course en tête dans les sondages de décembre 2017.

9 – Jeux olympiques d’Hiver en Corée du Sud : Ironie de l’Histoire ? En pleine confrontation avec Pyongyang, la Corée du Sud organisera la 23e édition des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang dans le Gangwon, région frontalière de la Corée du Nord, jusqu’au 25 février. Y verrons-nous des athlètes nord-coréens y participer ? En début d’année 2018, Kim Jong-Un ouvrait la voie à une possible entente à ce sujet dans son traditionnel message de voeux pour le Nouvel An : «J’espère sincèrement que les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang seront menés avec succès. Nous sommes disposés à prendre les mesures nécessaires, y compris à envoyer notre délégation. À cette fin, les autorités du Nord et du Sud pourraient se retrouver dans un avenir proche. » [L’Équipe.fr]

Pour rappel, la France avait remporté 15 médailles aux précédents jeux d’Hiver de Sotchi (Russie), en 2014.

28 – Élection présidentielle en Finlande (2nd tour)

—– MARS —–

4 – Élections législatives en Italie : Étape cruciale dans la vie politique italienne, l’élection de la XVIIIe législature de la République italienne intervient dans un contexte particulier puisqu’en octobre dernier, les parlementaires se sont prononcés pour une refonte du système de votation via la loi dite Rosatellum bis, qui a intégré une votation mixte dans les élections générales. Ainsi, 36 % des sièges seront alloués via un scrutin uninominal à un tour, quand 64 % des sièges restants seront attribués au scrutin proportionnel. Pour les électeurs italiens, il s’agira alors d’élire 315 des 320 membres du Sénat italien (les 5 autres sièges étant réservés à des sénateurs élus à vie) et l’ensemble des 630 membres de la Chambre des députés.

– Deux votations auront lieu en Suisse. La première, d’origine confédérale, portera sur la perpétuation du régime financier 2020 à l’horizon 2035 (à noter que l’impôt fédéral direct (IFD) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sont les principales sources de recettes de la Confédération), et le second, d’initiative populaire, concernera la suppression des redevances radio et télévision (dites redevances Billag).

– 90e cérémonie des Oscars.

31 – Élection présidentielle en Russie : C’est peut-être l’élection qui fera le plus couler d’encre en 2018. Vladimir Poutine est officiellement candidat à sa propre succession depuis le 6 décembre dernier, sous l’étiquette « indépendante » et avec le soutien de son parti Russie unie (Единая Россия). S’il est élu en mars 2018 pour un 4e mandat, Vladimir Poutine serait à la tête de la Fédération de Russie jusqu’en 2024. En face, ses opposants principaux sont Vladimir Jirinovski (71 ans et candidat multirécidiviste, déjà présent en 1991 contre Boris Eltsine) pour le Parti libéral-démocrate de Russie, et la journaliste et animatrice télé, Ksenia Anatolievna Sobtchak (36 ans, et dont le père, l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, avait pour collaborateur un certain Vladimir Poutine). Il est à noter que le dossier d’Alexeï Navalny a lui été refusé par la Commission électorale centrale en charge de vérifier la conformité des dossiers pour se présenter à l’élection présidentielle.

—– AVRIL —–

19 – Élections législatives à Cuba : Premières élections organisées après la mort du dirigeant de la Révolution cubaine, Fidel Castro, en novembre 2016, les législatives seront l’occasion de renouveler l’ensemble des 612 sièges de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Cette chambre parlementaire aura ensuite à charge d’élire les 31 membres du Conseil d’État pour nommer le Président de la République de Cuba. Raul Castro, âgé de 86 ans, à annoncé son retrait du pouvoir après avoir pris la succession de son frère en 2006.

30 – Élections présidentielle et générale au Paraguay : En avril dernier, le Président paraguayen, Horacio Cartés avait annoncé sa volonté de briguer un second mandat. Une situation rendue impossible par la constitution de 1992 qui impose que le Président et le vice-président soient élus pour un mandat unique de cinq ans. Devant la fronde populaire engagée contre le texte de réforme constitutionnelle proposée par Horacio Cartés, ce dernier s’est vu contraint par un communiqué, d’annoncer qu’il abandonnait toute idée de se représenter. Derrière un tel soulèvement populaire qui aura causé la mort d’une personne et plus d’une centaine de blessés se cache la crainte de voir le Paraguay replonger dans un régime dictatorial.

—– MAI —–

6 – Élections législatives au Liban : Le Liban a connu une fin d’année 2017 mouvementée. On se souvient de la démission de Saad Hariri en Arabie Saoudite, qui avait entraîné l’activation des cellules diplomatiques françaises notamment pour permettre un retour du Premier ministre libanais à Beyrouth. Le mois mai 2018 sera l’occasion pour les électeurs de se prononcer au cours d’un scrutin parlementaire constamment repoussé depuis 2009.

9 – Début du Festival de Cannes

12 – Concours de l’Eurovision à Lisbonne au Portugal

15 – Élections législatives en Irak : Ce scrutin au suffrage universel direct permettra d’élire les 328 membres du Conseil des Représentants pour un mandat de quatre ans dans un contexte bien particulier puisque la perte d’influence de l’organisation terroriste Daesh ne la rend pas moins dangereuse en Irak, particulièrement touché par les actes meurtriers de ce groupe idéologique.

27 – Élection présidentielle en Colombie : L’Amérique du Sud accueillera encore une élection cruciale en 2018 avec l’élection présidentielle colombienne qui intervient après le dépôt des armes des factions FARC (Force alternative révolutionnaire commune), et l’entrée en politique de leurs représentants. C’est l’ancien leader de la rébellion, Rodrigo Londoño (Timochenko), qui mènera la campagne présidentielle pour l’ancienne guérilla. La droite sera emmenée par les deux anciens présidents, Alvaro Uribe et Andrés Pastrana. Humberto de la Calle, chef de la délégation gouvernementale aux négociations pour un accord de paix historique avec les Farc, a annoncé sa candidature le 9 juillet dernier.

30 – Élection à la Chambre des députés luxembourgeoise.

– 50 ans du mouvement de Mai 68 : La Sorbonne de nouveau occupée ?

—– JUIN —–

12 – Coupe du Monde de Football en Russie : Coup d’envoi du premier match de la 21e Coupe du Monde de Football au stade Loujniki de Moscou entre la Russie et l’Arabie Saoudite. Un match hautement symbolique alors que les deux États ont des visions différentes du Moyen-Orient ? Près de 3 mois après l’élection présidentielle russe, il est certain que cet évènement international incontournable sera scruté par l’ensemble des nations. Aucun faux pas ne sera admis !

—– JUILLET —–

1er – Élection présidentielle au Mexique : Depuis l’accession au pouvoir du Président américain Donald Trump, les relations entre les États-Unis et le Mexique se sont particulièrement détériorées, en cause notamment la construction d’un mur à la frontière entre elles deux pays. C’est dans ce contexte que s’affronteront pour le poste de Président du Mexique, deux prétendants majeurs. D’abord Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) du Partido de la Revolución Democrática, candidat malheureux de la précédente élection (entachée de fraudes) et José Antonio Meade candidat du Partido Revolucionario Institucional.

7 – Élections législatives en Afghanistan : Constamment reportées depuis 2015, ces élections s’annoncent majeures dans un pays toujours déstabilisé par l’influence des factions talibanes. Y seront élus par vote unique non transférable, les 249 sièges de la Chambre du peuple représentant les 34 provinces afghanes, pour un mandat de cinq ans.

13 – Coupe du Monde de Football en Russie : Dernier match de la coupe du Monde. Selon vous, à quelle finale pouvons-nous nous attendre ?

15 – Élections législatives au Pakistan : Le système de votation pour élire les 342 membres de l’Assemblée nationale pakistanaise a recours à 3 méthodes : 242 sièges sont attribués par scrutin uninominal majoritaire à un tour, 60 sont réservés à des femmes, et 10 aux minorités religieuses et ethniques via une représentation à la proportionnelle.

—– SEPTEMBRE —–

9 – Élections législatives en Suède.

10 – Championnat du monde de volley-ball masculin 2018 en Italie et Bulgarie.

30 – Élection du Conseil national autrichien : 183 membres composent ce Conseil dont les attribues majeurs sont de voter les lois fédérales ordinaires et constitutionnelles. Elle a également comme pouvoir de voter la défiance contre un ministre ou un gouvernement fédéral.

—– OCTOBRE —–

7 et 28 – Élections présidentielle et législatives au Brésil : Les postes clés des institutions brésiliennes seront attribués en octobre prochain : président de la République, vice-président, renouvellement d’un tiers du Sénat et la Chambre des députés, etc. Empêtré dans les affaires depuis 2016, on a bien du mal à voir comment l’ancien président Lula pourrait être réélu dans une fonction qu’il a lui-même occupée de 2003 à 2011. Pourtant aujourd’hui, c’est bien lui qui est le favori pour remporter cette élection.

31 – Élection présidentielle en Géorgie.

– Élection présidentielle en Irlande.

—– NOVEMBRE —–

6 – Élections législatives et sénatoriales aux États-Unis : Peut-on s’attendre à un bouleversement total de l’offre politique au sein des instances représentatives américaines ? La politique menée par le Président Donald Trump aura-t-elle un effet sur les électeurs qui voudront confirmer ses décisions ou au contraire les infirmer ?

29 – Championnats d’Europe de handball féminin en France : Championnes du Monde en titre, les Françaises vont-elles réaliser le doublé avec un championnat d’Europe sur le territoire ? Souhaitons-leur en tout cas !

– Référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie : L’accord politique trouvé en date du 2 novembre 2017 permettra à la Nouvelle-Calédonie de s’organiser pour mettre en place un référendum visant à l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté, dans le cadre du processus de décolonisation engagé depuis les accords de Matignon du 26 juin 1988.

—– DÉCEMBRE —–

23 – Élections Présidentielle et législatives en République démocratique du Congo.

31 – Retrait des États-Unis de l’UNESCO : Date butoir où les États-Unis doivent se retirer de l’UNESCO en soutien à leurs alliés israéliens, comme indiqué dans une décision présidentielle du 12 octobre 2017.

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